mardi 26 février 2008

Pantocrator

J'ai toujours préféré la représentation du Christ dans le monde orthodoxe/byzantin à celle adoptée par l'église catholique romaine. Dans le premier cas, on retrouve souvent le Christ Pantocrator (=Tout Puissant), dominant avec majesté l'intérieur des églises. Dans l'autre, une statue du Christ martyrisé sur la croix, la tête baissée, laissé pour mort. L'église catholique nous incite à nous identifier aux souffrances de Jésus alors que l'église orthodoxe nous demande de reconnaître sa victoire sur la mort.

Ci dessus une représentation du Pantocrator. La symbolique de cette mosaïque est la suivante: le drapé bleu jeté sur les épaules du Christ représente la forme humaine adoptée par lui durant l'incarnation (le bleu est la couleur de l'humanité qui vit sous le ciel). Sous ce drapé, son vêtement est doré, couleur de l'Autre-Monde. Ces deux vêtements symbolisent donc le mystère de l'incarnation: extérieurement homme, mais complètement divin. Les doigts croisés de sa main droite sont censés former les lettres ICXC, les initiales de Jésus-Christ en grec. De la main gauche il tient les évangiles. Les deux mèches de cheveu sur son front signifient la double nature humaine et divine. L'auréole à trois rayons est évidemment la marque de la Trinité.

vendredi 15 février 2008

Polygamie et youth bulge, la suite

Comme je l'exposais il y a peu, des recherches récentes ont démontré le lien significatif existant entre polygamie et violence des jeunes.
Voici un article du Figaro exposant au grand jour les méfaits de cette pratique matrimoniale dans une société civilisée:

LA «BLACK GUÉRILLA ARMÉE», une nouvelle bande de la banlieue sud, inquiète la police. Un rapport de la Direction centrale des renseignements généraux du 21 mars dernier, auquel Le Figaro a eu accès, la qualifie de «bande à la délinquance polymorphe». Et une réunion au sommet, présidée par le directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, s'est tenue juste avant les vacances de Pâques pour enrayer l'ascension de ce gang emblématique de la dérive des cités.

Composée de jeunes d'origine africaine du quartier de Grigny 2 (Essonne), la «Black Guérilla armée», connue sous son acronyme BGA, est dirigée par une fratrie de cinq garçons avec autour d'eux une vingtaine d'adolescents et quelques jeunes adultes. Les gangs noirs américains lui servent de modèle. Le groupe vante ses exploits sur un blog narcissique qui prêterait à sourire si les faits n'étaient avérés.

Des classiques activités de délinquance urbaine, les BGA ont peu à peu versé dans le vol de voitures avec violences. «Depuis le 1er décembre, note le rapport, le commissariat local recense plus d'une trentaine de véhicules volés sur la seule ville de Grigny.» Et de citer dix autres «car-jackings» sur la même période dans les communes voisines de Ris-Orangis ou Viry-Châtillon.

«Bataille rangée»

«S'il est difficile d'imputer à cette seule bande l'ensemble de ces méfaits, nuancent les policiers, l'implication de quelques-uns de ses membres a été établie judiciairement dans cinq affaires.» L'un d'eux, Driox, aurait avoué avoir agi pour le compte de gens du voyage qui commandent les modèles de voitures à voler.

Les meneurs de la BGA appartiennent à une même fratrie. «Délaissés par leur père qui reconnaît ouvertement être polygame et dont les épouses seraient logées dans différentes villes d'Ile-de-France, ils ont très tôt été livrés à eux-mêmes, s'enfonçant inéluctablement dans la délinquance», relèvent les policiers.

Le palmarès est éloquent. Le 12 août 2004, ils traînent sur plus de trente mètres avec une voiture volée un agent qui voulait les contrôler. Le 22 juin 2005, les BGA déclenchent une «bataille rangée» entre jeunes et forces de l'ordre à Grigny. Lors de la perquisition réalisée dans la foulée au domicile de l'un des frères, la police découvre un fusil d'assaut avec chargeur et munitions et une carabine à lunette.

Selon les RG, les membres du gang sèment l'insécurité à Grigny 2. Mineurs pour la plupart, les séjours qu'ils effectuent en prison, lorsqu'ils y sont condamnés, ne sont jamais longs. Leur ascension criminelle puiserait sa source, affirme la police, «dans le fort sentiment d'impunité» qu'ils ressentent. «Les agissements de BGA, poursuit le rapport, préoccupent également la commune toute proche de Ris-Orangis qui attribue aux jeunes de Grigny 2 une grande partie des vols avec violence.» Les BGA rêvent d'égaler les gangs de Los Angeles, «les vrais d'la west», écrivent-ils sur leur blog.

On retrouve ici tous les ingrédients pour générer de parfaits criminels: l'absence d'investissement parental (renforcé par la polygamie), l'impunité, le modèle criminogène des ghettos, l'acculturation. Il n'existe pourtant qu'une seule manière de stopper l'afflux de familles polygames, cette manière nous la connaissons tous, nos dirigeants la connaissent également mais n'osent l'employer: supprimer le regroupement familial!

dimanche 10 février 2008

Youth bulge et polygamie

J'avais déjà parlé de la théorie du youth bulge. Pour ceux trop pressés pour lire l'article en question, la théorie du youth bulge stipule que dans un pays c'est la tranche d'âge des hommes célibataires de 15 à 30 ans qui est à l'origine de la plupart révolutions et des guerres. Youth bulge et baby boom sont donc quasi-synonymes, il n'y a qu'à voir la gigantesque insurrection dans l'ensemble du monde occidental de la cohorte des baby boomers d'après guerre pour s'en convaincre.

Il semblerait que les sociétés polygames soient de plus fortes génératrices de youth bulges que les sociétés monogames (Mesquida and Wiener, 1996). Pourquoi ? Parce que dans les sociétés polygames, un homme de haut statut va avoir tendance à accumuler plus de richesses et de femmes pour lui seul, ce que l'on appelle le syndrome du big man. Cela signifie que mathématiquement de nombreux hommes (souvent de bas statut social) vont se retrouver sans aucune femme ni revenu à leur disposition. Ces (jeunes) hommes auront tendance à adopter des comportements violents et insurrectionnels afin de s'approprier par la force ce qu'ils ne peuvent avoir de manière pacifique. Les sociétés polygames sont donc par nature des sociétés génératrices d'instabilité sociale.

La quasi-totalité des pays musulmans (à l'exception de la Tunisie et de la Turquie, cf. carte ci-dessus) autorisent la polygamie. Elle est également largement répandue dans les pays d'Afrique sub-saharienne où elle atteint des taux records (20% de tous les mariages). En France, elle est interdite mais pourtant couramment utilisée chez les immigrés d'Afrique noire. On l'estime à environ 8 à 20 000 ménages (source INED). Gérard Larcher alors ministre délégué à l'emploi avait déclaré qu'il y avait un lien indéniable entre la pratique de la polygamie et les violences de 2005.

Le très généreux système français d'aide aux mères célibataires (ou déclarées comme telles) permet aux femmes africaines mariées à un polygame de subvenir elles-mêmes à leurs besoins et donc de recréer en France le système social sub-saharien. On a observé un phénomène similaire aux É.-U. où le mariage monogame, qui était encore la norme chez les Afro-Américains jusque dans les années 50 s'est complètement délité après l'introduction par les démocrates d'aides aux single parents (famille monoparentales). Les vieux schémas sub-sahariens du big man entretenant plusieurs femmes ont repris le dessus et c'est ainsi que les années 60 ont vu une véritable explosion de la criminalité afro-américaine qui ne s'est jamais vraiment résorbée depuis.

Je ne me fais pas prophète de malheur mais il me semble que la France est assise sur un véritable volcan et que ni les plans banlieues de Sarko et Fadela Amara, ni la police de proximité, ni un stupide retour à la croissance à la Attali n'y pourront rien. Quand (et non pas si) les banlieues s'éveilleront, le sang (le nôtre surtout) coulera à flots.

samedi 2 février 2008

Devoir d'ingérence



L'idée d'une gradation absolue de la moralité est profondément enfouie dans la mentalité occidentale. De cette moralité absolue issue du christianisme, est née une ligne de fracture entre le Bien et le Mal, Dieu et Satan, les justes et les réprouvés. De cette ligne de fracture procède le devoir d'ingérence, la guerre juste afin que le Bien triomphe du Mal. Toutes les idées « modernes », comme le fameux invite-the-world invade-the-world ne font que découler de cette grille de lecture. Ci-dessous, l'exemple frapant d'un texte relatant la conquête du Mexique par Cortés et que n'auraient pas renié nos cosmopolites contemporains:

Les murs de ces deux sanctuaires étaient rougis de sang humain. «L'odeur qui s'en exhalait, s'écrie Diaz [Bernal Diaz del Castillo, soldat de Cortez], était plus intolérable que celle des tueries de Castille !». Les formes fantastiques des prêtres, s'agitant dans cette enceinte, avec leurs sombres robes tachées de sang caillé, figuraient assez bien, aux yeux des Espagnols, les ministres de Satan lui-même!
Ils se hâtèrent de sortir de cet immonde repaire, pour respirer un air plus pur ; et Cortés, s'adressant à Montézuma, lui dit avec un sourire: « Je ne comprends pas comment un grand et sage prince comme vous peut avoir foi en ces idoles, qui ne sont que des esprits malins, représentants du diable ! Si vous vouliez seulement nous permettre de dresser ici la vraie croix, et de placer dans ces sanctuaires les images de la bienheureuse Vierge et de son Fils, vous verriez bientôt vos faux dieux s'évanouir devant eux !»
Montézuma fut gravement offensé de ce discours sacrilège : « Ces dieux, répondit-il, sont ceux qui ont conduit les Aztèques à la victoire depuis qu'ils forment une nation ; ce sont eux qui envoient tour à tour la saison des semailles et celle des récoltes. Si j'avais pensé que vous leur eussiez fait cet outrage, je ne vous aurais point admis en leur présence ».

William H. Prescott. Histoire de la conquête du Mexique.