samedi 25 avril 2009

Les Britanniques sont-ils européens ?

Lu sur le très bon forum de discussion Anthroscape:

"Je ne me suis jamais considérée comme "Européenne". Il y a un certain temps, c'était à la mode de le croire, mais je pense que la Grande Bretagne est juste trop distincte. Ce n'est pas seulement parce que nous sommes une île, il est d'ailleurs plus facile de considérer les Islandais comme des Européens que les Britanniques. A chaque fois que je vois Gordon Brown ou d'autres politiciens britanniques en compagnie de chefs d'états européens, je trouve qu'ils ne sont pas à leur place."


Un des intervenants surenchérit:

"La Grande-Bretagne est européenne au niveau des plaques tectoniques mais elle a bien plus en commun avec les Canadiens ou les Américains qu'avec les Européens continentaux" (TdV)."


Disons-le, malgré des liens génétiques et historiques forts avec l'Europe continentale, c'est enfoncer une porte ouverte que de dire que les Anglais ont la plupart du temps agi au détriment d'une unification politique au sud de la Manche. A chaque fois qu'une grande puissance continentale semblait acquérir une prééminence politique et militaire, les Britanniques ont systématiquement torpillé ses efforts, protégés de la plupart des invasions terrestres par leur puissante flotte et leur insularité. L'Espagne de l'Invicible Armada, la Grande Armée de Napoléon, les forces allemandes (deux fois), l'URSS, et maintenant l'Union Européenne ont toutes trouvé en face d'elles ce peuple britannique.

Détail intéressant: sur la carte d'introduction du dernier ouvrage d'Aymeric Chauprade (Chroniques du Choc des Civilisations) le code de couleurs du Royaume-Uni le classe à la fois dans la civilisation européenne et dans celle d'Amérique du Nord. Les liens entre les Anglais et les Américains sont beaucoup plus intimes que ceux qui lient les autres pays européens à leurs anciennes colonies. Toutes les décisions politiques anglaises récentes, que ce soit le soutien à l'entrée de la Turquie dans l'Europe, celui à la guerre en Irak du grand cousin d'Outre-Atlantique, l'asile donné aux oligarques anti-Poutine, le refus de l'Euro, etc. découlent de cette externalité de la Grande-Bretagne à l'Europe.

Si l'adjectif "européen", en ce début de XXIème siècle s'applique non pas à de seuls faits de situation géographie mais à une position politique à l'égard de la genèse des grands ensembles civilisationnels, il nous faut admettre que la Grande-Bretagne n'est pas européenne. Cela n'enlève aucune dignité à ce grand peuple, ni son appartenance à la famille des populations blanches. Il nous faut seulement prendre conscience que les Britanniques jouent dans l'équipe d'en face. Soyons fair play, mais sans illusion sur leur attachement à l'Europe.

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